Vanlifing à travers le Canada – Petite pause pour le blogue

Bonjour à tous et à toutes!

Je vous ai déjà parlé de mon projet de conversion d’une GMC Vandura 1991. La voilà bien habitable et le départ est aujourd’hui! Notre premier arrêt est Kamouraska, Québec, mais le reste est à déterminer. Nous revenons fin décembre, ainsi le blog reprendra du service en janvier! Qui sait toutefois, si l’inspiration et la connexion wi-fi sont au rendez-vous, peut-être vous aurez de mes nouvelles plus tôt. Pendant mon absence, je vous invite à vous inscrire à l’info-lettre Sentiers de Patrick Tanguay et à faire semblant que c’est moi qui la rédige (si seulement!)

À bientôt!

Nous avons assez d’intellectuels

Voyez-vous, je suis tombée par hasard sur le livre du maître Osho qui s’intitule Innocence, connaissance, émerveillement. Le titre promet de renouer avec l’enfant curieux que l’on était, que l’on a perdu en grandissant. Je m’attendais donc à une lecture qui fait sourire. Je me suis retrouvée face à une lecture qui m’aura complètement bouleversée.

J’ai toujours été fière d’être une intellectuelle. Ayant été élevé dans la campagne par un père garagiste et une mère fonctionnaire, je ne pourrais pas dire que mon background familial fût la source de mon émerveillement envers le monde des idées. En fait, peut-être un peu. Voulant de manière obsessive me distinguer de mon entourage, je me suis retournée vers celui-ci puisque ce dernier n’intéressait personne.

J’ai toujours été fière d’être une intellectuelle et ma mère ne m’a jamais vraiment blâmé d’avoir des bonnes notes à l’école et de vouloir étudier les arts libéraux. Cependant, elle me rappelait souvent qu’il était primordial que je me trouve un partenaire manuel pour compenser. Les soupirs que j’ai lancés à cette remarque sont nombreux. Et pourtant, je peux dire que je suis sortie avec un homme extrêmement manuel comme elle me l’a conseillé et un homme extrêmement intellectuel comme je le désirais. Ce n’était le bonheur parfait aucun des deux.

J’ai toujours été plus mature que les gens de mon âge. J’ai eu mes moments de buveries comme tout le monde (voire un peu plus souvent que pour la majorité). J’ai dansé, couché à droite et à gauche et j’en ai tiré beaucoup de plaisir. Cependant, aujourd’hui, ma définition d’une soirée parfaite ressemble à cela : un souper tranquille entre amis où l’on discute de grandes idées et de développement personnel en buvant du thé. Et j’ai 20 ans. Est-ce que je vends ma jeunesse à mon intellectualisme?

Je ne pourrais pas répondre à cette question. Je ne pourrais pas non plus dire si les gens dans une situation similaire à la mienne sont nombreux. Je sais que je ne suis pas seule : mon ami de longue date, Antoine, est décidément dans le même bateau que moi. Ensemble, nous entretenons une quête : celle de connecter avec les intellectuels de Montréal. Nous aimons notre cercle d’ami d’amour, mais l’on n’y trouve pas la vivacité d’esprit et l’ambition des gens qui osent réinventer le futur. Antoine et moi, étant déconnectés du milieu universitaire, peinons, du haut de nos vingt ans, à entrer en contact avec notre inteligencia rêvée.

Aujourd’hui, je requestionne cette quête. Je m’apprête à avancer qu’elle est vaine. Nous n’avons pas besoin d’intellectuels, nous en avons trop. C’est ce qu’Osho me glisse à l’oreille. Ces mots réveillent en moi une étrange sensation : un mélange de compréhension et d’incompréhension. Ces mots goutent la désillusion que j’ai goutée avec l’université.

Quand j’ai quitté l’université, j’étais convaincu que celle-ci ne formait pas correctement les individus qui y entraient. J’ai crié à l’absurdité, à l’hyperspécialisation, à l’aliénation. J’ai cru que devenir un autodidacte était la solution. En effet, en mettant les outils pour apprendre par soi-même entre les mains du peuple, ne le libérons-nous pas du joug de l’oppression? Quand les gens apprendront par eux-mêmes, ne cesseront-ils pas de juger, consommer et polluer? L’information n’est-elle pas l’arme utile dans cette ère?

Apparemment non. Apparemment, il nous faut des gens qui méditent, qui sont amoureux et qui aiment faire les choses pour le plaisir de le faire.

Je croyais que le système d’éducation avait détruit une part de nous, mais je me trompais sur le morceau en question. Je croyais qu’il avait simplement détruit notre curiosité intérieure avec ses examens et ses délimitations, mais en fait, il a détruit notre sens de l’émerveillement et de l’amour.

 

Ainsi, Osho revendique que l’on doit oublier toutes nos connaissances. Il nous demande de faire preuve du courage de Socrate et laisser derrière nous nos savoirs abstraits, car nos savoirs abstraits, au final, sont vides de sens. Osho nous dit que le scientisme à l’extrême nous aveugle : trop concentrés sur le monde extérieur, nous oublions notre monde intérieur. Je crois effectivement que cela est le mal du siècle. Il nous prie d’accepter que certaines choses – surtout celles du monde intérieur, comme la vie, la beauté et l’amour – soient inexplicables. Il nous dit d’apprendre à aimer avant d’apprendre à apprendre. Il nous dit de rester un miroir devant autrui afin de capter purement ce qui est transmis, sans le filtre de nos connaissances qui ne sont en réalité qu’une machine à jugement.

Osho nous dit de ne pas devenir érudits, ni de devenir moines. Il nous dit qu’il faut être un enfant innocent, surpris, émerveillé. Il nous faut plus d’enfants joueurs et moins d’adultes calculateurs. Il nous faut plus de simplicité.

Alors que je rêvais plus jeune de m’entourer de scientifiques et penseurs en tout genre, j’ai lentement vu ce rêve changer. Dernièrement, je me suis retrouvée à concevoir ainsi, mon entourage idéal : une bande d’artisans avec qui l’ont peut parler de tout et n’importe quoi. L’art de créer me semble plus noble que tout.

Tandis que je repense à ma mère et à la dualité intellectuel-manuel, je constate que la relation amoureuse dans lequel je me trouve nous comble toutes deux : mon copain, un futur charpentier, ne s’effraie pas devant ma poésie ou mes grandes idées. Bien qu’il ne comprendra peut-être jamais entièrement mon jargon informatique, il comprend les enjeux qui me tiennent à cœur et consent à y réfléchir lui aussi. Il accepte de vivre selon nos valeurs, plutôt que selon ceux de la société.

Ainsi, je le répète une fois, nous avons assez d’intellectuels. Les connaissances accumulées nous coupent des autres, de soi et de l’émerveillement. Il faut désapprendre pour mieux apprendre. Il faut l’action. Il faut le moment présent.

Apprendre à travers les livres : 7 astuces pour être plus efficace

Vous l’avez peut-être déjà remarqué, mais j’adore lire. Cela fait maintenant la troisième fois que je me fixe l’objectif de lire au moins 50 livres par année et que je réussis. Je crois, par le fait même, avoir développé quelques trucs de lecture que je partage avec vous aujourd’hui.

1 – Lire et relire l’introduction

L’introduction d’un livre synthétise habituellement le but et la structure du livre. La lire attentivement nous permet de voir si le livre contient des informations qui nous intéressent. Elle peut aussi nous guider pour notre prise de note, tout comme elle peut nous donner des pistes pour la compréhension des concepts qui risquent d’être approfondis. Ultimement, pour se rafraichir la mémoire sur un livre et être sûr que l’on a bien compris l’ouvrage, relire l’introduction est un must.

2- Prendre des notes (ou pas)

Je n’ai pas une très bonne mémoire (c’est d’ailleurs une des raisons pourquoi j’écris constamment). Ainsi, quand j’ai cessé de lire des romans pour privilégier la non-fiction, je me suis convaincue qu’il me fallait prendre des notes pour apprendre. C’est effectivement parfois le cas. Cependant, après avoir lu cet article très intéressant sur Medium, j’ai eu une petite illumination. Si prendre des notes fait en sorte que je lis moins de livres (parce que l’action de lire devient moins agréable), cela n’en vaut pas la peine. De toute façon, comme Gonzalo Ziadi l’a écrit :

There’s no need to memorize. Good books will change you.

Évidemment, si vous lisez pour un travail de recherche, la prise de note est plus que pertinente. Si les concepts expliqués sont extrêmement complexes, ce l’est aussi. Cependant, les lectures orientées par la curiosité n’en valent peut-être pas la peine. Peu de gens relisent leurs notes de lecture pour le plaisir.

Dernièrement, ma manière paresseuse de prendre des notes est de prendre en photo les passages que je trouve importants.

3 – Noter des citations

Mais notez les citations! Les citations sont à mon avis une excellente manière de propager la sagesse et les grandes idées avec poésie. Mon professeur de méthodologie au collégial nous a appris a mettre des citations en exergue, c’est-à-dire de mettre une petite phrase tirée d’un ouvrage en tête de nos projets afin d’éclairer le travail que l’on a fait. Cedit professeur gardait donc un catalogue de toutes les citations qu’ils avait aimées classé par ordre de sujet afin de pouvoir trouver facilement laquelle convenait à la pièce qu’il venait d’écrire. Par exemple, lors d’un travail sur le déterminisme en historiographie, j’avais  mis en exergue cette phrase Ionesco :

On ne peut prévoir les choses qu’après qu’elles sont arrivées.

4 – Garder le processus de lecture actif

Que ce soit en cherchant les citations ou les grandes idées, pour retenir l’information, la clé est d’avoir une lecture active. Surligner, annoter dans la marge, prendre la peine de regarder le renvoi, s’arrêter pour rêvasser aux autres œuvres sur le sujet : tout est bon. Pourvu que l’on ne se rende pas compte une fois au bas de la page que nous n’avons aucune idée de quoi ladite page parlait.

5 – Se donner des objectifs

Se donner un objectif par livre est une manière très efficace pour savoir sur quelle information porter son attention. En effet, l’on pourrait lire un livre pour approfondir sa connaissance sur X sujet, alors on se concentrerait sur les aspects du livre qui parle précisément de cela. Ou alors l’on lirait un livre historique pour avoir une vue d’ensemble sur un enjeu, ainsi l’on ne prendrait pas des notes à chaque ligne, se concentrant sur la compréhension à vol d’oiseau. Trouver la thèse de l’auteur est un autre sorte d’objectif, mais il est tout aussi essentiel. En effet, chaque livre est écrit par un humain sensible avec son lot de croyance. Ainsi, être capable de voir la thèse de l’auteur, c’est-à-dire ce qu’il défend dans son livre, nous permet d’être plus critiques et de davantage suivre le fil directeur.

6 – Ne lire que ce qui vous importe

Les livres qui sont ennuyeux à mort ne méritent pas d’être lu au complet. Il y en a trop d’intéressants. Mais lisez juste un autre chapitre du livre ennuyeux, on ne sait jamais quand il peut devenir intéressant…

7 – Faire une rétrospection

Selon moi, il est essentiel de réfléchir sur une lecture une fois qu’elle est terminée. Cela peut se manifester de plusieurs façons, l’on peut essayer de, silencieusement dans notre tête, comparer le livre à un autre œuvre, de questionner ce que l’on a appris, de voir si l’on est d’accord, etc. Pour d’autres, il peut s’agir d’écrire une chronique de blogue, une entrée dans un journal, une note sur un téléphone. Le summum, c’est d’en parler avec quelqu’un d’autre. En effet, les livres sont faits pour être partagés. Avec de la chance, l’on convaincra notre interlocuteur de le lire à son tour ou au contraire on lui épargnera le temps de cette lecture si le livre n’en vaut pas la peine.

 

Voici donc mes quelques trucs pour en tirer davantage de vos lectures. J’espère qu’ils vous seront utiles. Faites-moi savoir dans les commentaires si vous êtes d’accord avec la liste ci-dessus ou si vous avez des astuces à ajouter.

Une promenade littéraire dans le monde du zen et du bouddhisme

Je dois avouer que, dans mon cas, les cours d’éthique et culture religieuse du secondaire ont été utiles. En effet, la découverte du bouddhisme aura été importante pour moi. Je me rappelle de l’émerveillement que j’ai rencontré en lisant une biographie du Dalaï-Lama. Sa sagesse m’a beaucoup impressionnée, surtout lorsque j’ai constaté que ce grand chef spirituel disait que tout était interdépendant, y compris les religions.

Toutefois, ce n’est pas en tant que manière de résoudre les conflits religieux que le bouddhisme m’a impressionné. Tout d’abord, le bouddhisme, par sa possibilité d’être perçu à la fois comme une philosophie et une religion, est une spiritualité des plus accessibles. Sans adopter entièrement les croyances bouddhistes — la réincarnation par exemple —, on peut tout de même tirer beaucoup de leçons.

J’ai donc toujours eu une attirance pour cette religion et philosophie. La pensée orientale me fascine en général. Cependant, j’ai longtemps oublié cet intérêt (heureusement, la pratique du haïku ne m’a jamais vraiment quittée). J’ai récemment découvert le balado Zen Studies Podcast, que j’avais mentionné dans cet article,  et cela a ranimé la flamme que j’avais pour le sujet. C’était la première fois que je m’intéressais au sujet du zen bien précisément.

En gros, l’on ne peut chercher la différence entre le zen et le bouddhisme. En fait, il faut faire la distinction entre le bouddhisme zen et le bouddhisme tibétain. Le bouddhisme zen est originaire de la Chine et se concentre sur l’illumination personnelle à travers la méditation. Les prémisses de base du bouddhisme sont mis ici sous les projecteurs.  Quant au  bouddhisme tibétain, il émerge évidemment du Tibet. Celui-ci se concentre davantage sur les textes – étant davantage consciencieux par rapport aux déclinaisons de la religion à travers le temps. Sa pratique est davantage orientée vers la visualisation et la dévotion.

Comme le monde des affaires le sait, la spiritualité vend bien. Les livres sur le sujet sont disponibles en quantités industrielles : il est difficile de trouver les perles rares. Je crois en avoir déniché deux dernièrement et je tiens bien à vous les partager.

En ce qui concerne le bouddhisme zen, mon coup de cœur est Le doigt et la lune d’Alejandro Jodorowsky, un artiste multidisciplinaire que j’adore. Dans son ouvrage, il nous expose fables et poèmes zens. À la différence de bien des livres de la sorte, celui-ci prend la peine de nous expliquer lesdits fables et poèmes, et ce, avec une voix claire et inspirante. La variété de la sélection rend tout le monde heureux et, pour avoir lu quelques ouvrages similaires par le passé, je peux avancer que Jodorowsky s’y prend avec brio. Je vous conseille d’ailleurs sa biographie La danse de la réalité, très inspirante, qui évoque d’ailleurs ses années où il a étudié le zen aux États-Unis.

En ce qui concerne le bouddhisme en soi, le livre qui a changé ma manière de percevoir le monde s’appelle Les cinq énergies de la sagesse et il est écrit par Irini Rockewell. Lorsque l’on commence à étudier le bouddhisme, on se rend compte que ses déclinaisons sont nombreuses. Ici, ce qui se démarque, c’est que l’on ajoute à la philosophie bouddhique l’idée qu’il y a cinq énergies distinctes qui animent le monde et les individus. La balance de ces énergies – à travers notre mandala intérieur et extérieur – nous permet d’appréhender qui nous sommes et qui les autres sont. Bien que d’apparence assez ésotérique et naïve, l’affaire est extrêmement convaincante. Les énergies ont des portraits complexes qui semblent en effet permettre de saisir le large schème des comportements humains et il est vrai que ma réflexion sur le sujet m’aura aidé à comprendre davantage qui je suis.

Évidemment, je ne vous partage pas cette promenade pour vous convertir au bouddhisme : moi-même, je ne me considère pas bouddhiste. En effet, je vois la spiritualité aujourd’hui comme un buffet à volonté où l’on peut choisir ce en quoi l’on croit en fonction de ce que cela nous apporte. Je crois aussi qu’il est plus agréable de croire en une force invisible plutôt que de se borner dans le rationalisme scientifique — qui n’est qu’un système de croyances, lui aussi, après tout. Une des raisons pourquoi j’ai de la difficulté à m’accoler au bouddhisme est notamment que l’artiste en moi ne veut pas arrêter de désirer — idée clé de la religion —, j’ai l’impression que la douleur lié au désir a si longtemps fait partie de mon expression créative que j’ai de la difficulté à m’en dissocier, mais j’y arrive lentement.

Dans un autre ordre d’idée, je suis tombée dernièrement sur cet article qui tente d’expliquer pourquoi le monde occidental craint l’intelligence artificielle tandis que celui oriental semble inconditionnellement enthousiaste à ce sujet. L’auteur, le Japonais Joi Ito, de ce dernier fait reposer son explication sur la différence intrinsèque entre les religions orientales et celles occidentales. En effet, d’un côté, les religions chrétiennes mettent l’espèce humaine sur un pied d’éstade – le dissociant du reste du monde – et disent que croire en autres choses que Dieu est blasphématoire. Il n’est pas surprenant que l’apparition d’une intelligence supérieure puisse les inquiéter. Étonnamment, certaines sectes chrétiennes s’adaptent à cette réalité en intégrant le transhumanisme dans leur croyance, notamment les mormons (à ce sujet, je vous suggère ce balado). De l’autre côté, le shintoïsme et le bouddhisme prônent que tout a une vie,  tout est égal et interrelié : la plante, l’animal et l’humain ont une valeur similaire. Ainsi, pour eux, un robot est facile à appréhender comme égal plutôt qu’inquiétant, voire bienvenu. Évidemment, d’autres facteurs, comme la culture populaire, influencent nos perceptions sur l’intelligence artificielle, mais il est intéressant de voir comment la religion peut expliquer partiellement cela.

Pour conclure, je risque de reparler de ces sujets sur Apprendre comme du monde prochainement. J’aimerais continuer mon exploration du zen et du bouddhisme à travers certains ouvrages, dont No Mud No Lotus : The Art of Transforming Suffering du célèbre Thích Nhất Hạnh et Buddha’s Brain: The Practical Neuroscience of Happiness, Love & Wisdom de Rick Hanson.

 

Et vous, que pensez-vous des religions orientales? Est-ce que les philosophies de l’Orient vous intéressent? Trouvez-vous l’explication de Joi Ito plausible? Connaissez-vous certains des titres ci-dessus? Faites-moi-le savoir dans les commentaires.

Technique en informatique CVM

Retourner à l’école, mais pas à l’université

En théorie, je retourne à l’école en janvier. Au Cégep du Vieux-Montréal pour un DEC intensif en informatique. Ma demande d’admission est faite, les résultats sont attendus pour le 1er novembre. Je suis excitée. Excitée de retourner au CVM parce que la jeunesse y est belle à voir là-bas. Excitée de retourner dans le monde des sciences. Excitée de trouver des nouvelles critiques à notre système d’éducation aussi, j’imagine. Dans cet article, j’explique pourquoi j’ai pris cette décision. En effet, après avoir quitté l’université parce que je trouvais le tout trop absurde, me voilà de retour dans une institution scolaire moins d’un an après.

Pourquoi l’informatique

-Parce que mes forces correspondent aux critères requis. J’ai un esprit logique. J’aime les mathématiques, je trouve cela relaxant. La manière dont l’informatique rend les mathématiques concrets m’attire. Je suis aussi créative, et aussi surprenant que cela peut paraître pour un non-initié, la programmation est un acte qui peut être extrêmement créatif. Je suis aussi doué dans le domaine de la communication, un atout dans ce milieu où il faut être polyvalent et que bien des gens sont naturellement des introvertis. Je suis aussi extrêmement curieuse, un avantage dans un monde qui évolue constamment.

-Parce que je veux être utile. Mon père est garagiste et il est un garagiste très généreux. L’on peut compter sur lui. Plus jeune, je ne voyais pas tant la valeur dans l’emploi de mon père. Moi, je voulais changer le monde, pas dépanner les gens qui ont des problèmes de moteur. En grandissant, je me suis rendue compte que «changer le monde», c’était bien abstrait. Désormais, je privilégie aider mon entourage et, par la suite, on verra si l’on peut changer le monde. Je ne sais pas réparer une voiture, ni  réparer de la plomberie, ni coudre autre chose qu’un bouton. Mes talents — la poésie, la compréhension de texte, etc. — ne sont pas très utiles à autrui. Pour moi, une connaissance en l’informatique sera une manière d’informer et dépanner mon entourage dans cet aspect de leur vie.

-Parce que l’emploi est versatile. Mon rêve, comme plusieurs aujourd’hui, est d’être une digital nomad. Ou du moins, pouvoir travailler de chez moi pour éviter la perte de temps et d’argent des transports en commun et passer du temps avec mon (futur) chien et mon (futur) chat. Un autre de mes rêves est de travailler sur des projets alignés avec mes valeurs. De nos jours, presque chaque entreprise et organisme ont besoin de support informatique, ce qui me laisse croire que j’arriverai à accomplir ce rêve. Au moins, cela me promet aussi une possibilité de changement si l’ennui me prend.

-Parce que le domaine ne peut que prendre de l’importance dans le futur. En effet, l’automatisation risque de supprimer nombre d’emplois dans les années qui suivent. Quoique je considère qu’une réflexion sur l’emploi est essentielle (et pourtant si tue) puisque ce n’est pas tout un chacun qui peut devenir programmateur et contrôler les robots du futur, je pense que me diriger dans cette voie puisqu’elle me convient est une décision intelligente.

Pourquoi une technique

-Parce que la technique coûte extrêmement moins cher. 160$ par session (et je n’en ai que trois à faire, dans mon parcours intensif) est décidément plus économe que l’approximatif 3000$ par session étalé sur 3 ans. Qui plus est, une étude du comité sectoriel sur le logiciel libre a étudié les demandes d’emploi liées aux technologies de l’information. Près de la moitié des emplois dans le secteur ne demandait pas un BAC, il demandait tout au moins une technique ou des expériences pertinentes.

-Parce que j’aime l’environnement collégial. Les classes sont habituellement plus petites. La charge de travail, plus raisonnable en général. Les enseignants souvent plus proches de leurs élèves, ce qui est un atout, car le réseautage est extrêmement important aujourd’hui.

-Parce que c’est le portfolio qui permet de se démarquer. Bien que je n’ai pas encore commencé ledit programme, j’ai tout de même la conviction profonde que je risque d’avoir plus de temps libre que si j’étais à l’université. Ainsi, j’aurais le temps de travailler à mes propres projets : que ce soit de travailler sur un site web, une nouvelle application ou un logiciel libre qui me tient à cœur.

Pourquoi ne pas apprendre totalement par moi-même

-Parce que j’ai beau être disciplinée, je suis trop curieuse. Je n’arrive pas à me concentrer sur un seul domaine.

-Parce que je n’ai pas de contact dans le milieu.

-Parce que je crois que, vu l’immensité du champ d’étude, il serait plus efficace de suivre un cursus préétabli plutôt que de chercher ce qui est le plus important à apprendre.

-Parce que je ne suis pas une surdouée (bien que je sache que l’on peut s’autoformer sans nécessairement être un génie dans le domaine).

Avez-vous déjà changé radicalement de parcours scolaire? Comment s’est passé votre expérience? Quel est votre avis sur les DEP et les techniques versus les BAC? Faites-moi-le savoir dans les commentaires.

Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur selon Edgar Morin

Bien que n’offrant pas un cursus traditionnel disant d’enseigner XYZ disciplines, Edgar Morin offre ici une ligne directrice bien pensée pour l’éducation des générations à venir. Le philosophe et sociologue a su cibler les problèmes actuels et leur articuler des solutions réalistes.

L’ouvrage en soi est très bref, l’on va au vif du sujet. Pour une synthèse plus exhaustive et juste, je vous invite à consulter le résumé de la matière couverte qu’on retrouve à même les premières pages du livre (livre accessible en ligne, puisqu’il s’agit d’un ouvrage commandité par l’UNESCO).

Néanmoins, voici, dans mes mots, ce que couvre Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur.

Tout d’abord, Edgar Morin met en perspective que l’on ne s’arrête pas à étudier l’objet qu’est la connaissance en soi. Celui-ci propose qu’il faut rappeler à tous que la connaissance qu’on acquiert est toujours susceptible de contenir des erreurs ou d’être une illusion. Il sensibilise aux biais mentaux, sociaux, sentimentaux, etc. qui peuvent teindre notre vision de la connaissance. Il apporte une intéressante distinction entre la rationalisation et la rationalité, disant que la rationalité est ouverte, mais que la rationalisation est close, car paradigmatique, donc pouvant entraîner des erreurs.

Par la suite, celui-ci se penche sur le comment acquérir des connaissances et comment les articuler, les organiser. Il avance qu’il est désormais difficile d’avoir une vision globale, notamment en raison de notre tendance à balkaniser nos disciplines. Dans un appel à un retour à la pluridisciplinarité, il rappelle l’importance de quatre échelles de compréhension – si l’on peut le dire ainsi – soit, le contextuel, le global, le multidimensionnel et le complexe. Il précise que c’est entre autres dû à cet affaiblissement de la perception globale du monde que l’on observe une diminution des sentiments de responsabilité et de solidarité.

C’est un devoir capital de l’Éducation que d’armer chacun dans le combat vital pour la lucidité.

C’est la condition humaine et l’identité terrienne qui sont ensuite mises sous les projecteurs. En ce qui concerne la condition humaine, Edgar Morin illustre ce propos en ramenant en mémoire la relation cerveau-culture-esprit, celle raison-affection-pulsion et celle individu-espèce-société. Il parle également de culture, déclarant ainsi que la culture n’existe qu’à travers les cultures et que la culture maintient l’identité humaine en place. Quant à l’identité terrienne, cette dernière se rapporte plutôt à notre relation avec la planète Terre. Aux yeux d’Edgar Morin, la prise de conscience de l’identité terrienne est essentielle dans la gestion de la crise du climat.

Enfin, le philosophe se pose sur la question des incertitudes en affirmant qu’il faut les affronter plutôt que de les nier. Il déclare que l’avenir est hautement imprédictible et restera toujours ainsi. Il apporte aussi l’idée d’enseigner la compréhension (entre humains) puisque, selon lui, les progrès de l’incompréhension sont plus grands que ceux de la compréhension. En effet, aucune technique de communication n’apporte intrinsèquement la compréhension. Il met la faute de cette incompréhension grandissante sur l’égocentrisme, l’ethnocentrisme et le sociocentrisme. C’est pourquoi, ultimement, il demande d’humaniser l’humanité à nouveau, notamment à travers la démocratie. L’impératif ici est de «sauver l’humanité en la réalisant», étape d’autant plus urgente que la technologie creuse un fossé dangereux et de plus en profond entre les individus.

En bref, cette lecture m’a été agréable : facile à comprendre et enrichissant à la fois, quoi demander de mieux d’un ouvrage de philosophie? Ce texte d’Edgar Morin mérite à être davantage connu.

Selon vous, qu’est-ce qui devrait être prioritaire dans l’éducation des générations futures?

Comment trouver le courage de quitter l’université

C’est la rentrée. J’entends tellement de gens s’en plaindre. Et je trouve cela curieux. Si vous vous plaignez du retour à l’école avant même que cela commence, pourquoi vous entêtez-vous à y aller? Pour les gens qui rêvent de devenir médecins ou avocats – en gros, pour les gens qui ont besoin d’une certification pour travailler -, oublier mon questionnement. Pour les autres, j’attends vos réponses.

Je profite de ce moment de rentrée pour vous partager des petites astuces pour réussir à trouver le courage nécessaire pour quitter l’université. Car, oui, vous avez encore le temps d’annuler tous vos cours et de vous éviter la montagne de stress et de dettes que cela implique.

 

1 – Parler à ses amis ouverts d’esprits, prêts à vous supporter dans vos démarches et prêts à réfléchir avec vous de toutes les options

(Ou encore à l’humble blogueuse que je suis, si vous voulez-bien).

Voici une liste de questions à se poser lors de ces discussions ou bien en solitaire :
-Est-ce que ce programme est vraiment pour moi?
-Est-ce que les sujets abordés m’intéressent vraiment?
-Est-ce que la carrière correspondant au diplôme convient à mon mode de vie?
-Y a-t-il un emploi garanti à la fin de ma scolarité?
-Pourquoi est-ce que j’étudie dans ce programme?
-Suis-je prêt mentalement pour la charge de travail lié à mon programme d’étude?

D’ailleurs, petit truc : pour son entourage plus fermé d’esprit, dire que l’on considère l’option année sabbatique semble bien moins hérétique. On peut se rassurer soi-même en prônant la session off tout en gardant à l’esprit qu’il est possible que ce soit plus qu’une session off au final.

2 – Trouver l’inspiration et le support dans des sources extérieures

Il est rassurant de voir que nombre d’individus ont quitté les bancs d’école et ont réussi à trouver le succès. C’est aussi rassurant de voir qu’il existe une communauté ayant des pensées et expériences similaires aux nôtres pour nous supporter dans nos décisions (car quitter l’école est décidément une grande décision). Il est aussi intéressant de découvrir les alternatives au parcours traditionnel : l’unschooling, les apprenticeship, etc. Ma recommandation par excellence : le balado School Sucks Project. Dernièrement, le podcast Sucessful Dropout fait également beaucoup parler de lui et sa communauté semble très accueillante.

3 – Commencer un nouveau projet (qui implique possiblement d’apprendre par soi-même)

Pour plusieurs, le projet peut être de voyager. Pour d’autres, ce serait peut-être de commencer un startup, une boutique Etsy. Ou bien écrire un roman, un blogue, des haïkus. Se remettre à la peinture. Qu’importe. L’idée est de se tenir occupé (mais à la fois de ne rien faire de temps, pour contrebalancer l’état d’urgence dans lequel on a vécu si longtemps), de profiter du temps libre pour faire tout ce que l’on a jamais le temps de faire. Si le projet implique d’apprendre une nouvelle compétence, alors c’est l’occasion parfaite de se prouver que l’on peut apprendre par soi-même. L’on peut, ultimement, à travers ce projet, découvrir comment l’on peut se sentir épanoui à travers nos accomplissements non académiques.

4 – Ne surtout pas mettre son cerveau à off

L’important, c’est de ne pas cesser d’être critique tout simplement parce que la société vous a inculqué que l’université est primordiale. Même si vous ne quittez pas l’université aujourd’hui, comme ça, sur un coup de tête, restez alerte. Observer comment vous vous sentez tout au long de la session, requestionner l’orientation de vos cours, les horaires qui vous conviennent le mieux. Ce n’est pas parce que tout le monde autour de vous banalise le stress et le manque de temps que vous devez également le faire. Ce n’est pas non plus parce que ça fait 4 sessions que vous êtes dans le même programme que vous devez accepter ledit programme : il n’est pas trop tard pour changer ou quitter.

 

Sur ces derniers mots, je souhaite tout de même une bonne rentrée pour ceux à qui cela applique. Qu’importe le parcours choisi, le message que j’essaie de véhiculer ici est qu’il est essentiel de garder en visuel sa santé mentale et de la prioriser. N’hésitez pas à me laisser savoir ce que vous penser de cet article, comment vous vous sentez par rapport au retour à l’école ou bien comment était votre départ desdits bancs d’école.