Réflexions sur la science-fiction

Voyager.
Je n’en pouvais plus de la ville.

Aujourd’hui, je m’en ennuie. Pas pour la ville en soi. Je m’ennuie de la ville pour mon appartement, c’est-à-dire un endroit chaud pour lire tranquillement.

Du fin fond de mon hiver canadien, j’ai découvert des paysages magnifiques. J’ai aussi découvert le désert, celui de Nnedi Okorafor, auteure nigérienne.

Même si je rêve de m’enfuir dans la forêt depuis toujours, je n’ai pas pu arrêter de penser à la société que je quittais temporairement. Depuis toute jeune, je rêve de changer le monde. Malgré moi, ce détour dans la nature aura enclenché quelque chose dans ma tête qui m’aura poussée à réfléchir constamment à la technologie et aux futurs possibles.

Le roman de Nnedi Okorafor, Qui a peur de la mort?, que j’avais sous la main a certainement joué un rôle dans cela. En effet, l’oeuvre de science-fiction aura ranimé ma faim pour le genre. Loin de proposer des visions du futur qui font rêver,  Okorafor propose dans son livre un paysage africain dans un temps éloigné (après l’extinction des tigres, apprend-on, et après l’abandon de la technologie) rempli de magie et de traditions. Ainsi, se rencontraient la culture d’une Afrique imaginaire et les futurs possibles. Avec ce livre, j’ai eu l’impression de voyager dans l’espace et dans le temps avec des personnages forts et attachants. Un voyage à l’intérieur même de mon voyage donc.

Je lis énormément beaucoup, et ce, depuis toute jeune. J’ai un peu perdu foi en la fiction ces dernières années – préférant livres des essais et des biographies – , mais me voilà qui la retrouve. Je suis désormais convaincue que la littérature, spécialement le genre qu’incarne la science-fiction, est essentielle pour envisager l’avenir. Le point que j’avance n’est pas nouveau : les voix se font de plus entendre sur la toile à ce sujet. Qui plus est, le fait que le pouvoir politique se contente normalement de lister les problèmes plutôt que de les régler avec audace ne fait que renforcer cette idée.

La science-fiction, comme on le sait tout, est rempli de sous-genres. Bien que la diversité est une richesse en soi, il y a un type d’oeuvres bien préci dont nous avons besoin et il s’agit de l’ambitopie. J’emprunte ici le terme à Redfern Jon Barrett.

Les dystopies, quoique divertissantes et de plus en plus nombreuses sur les étagères, ne sont pas le genre d’oeuvre que j’ai en tête lorsque je dis que dis que nous avons besoin de la littérature en ces temps cruciaux. En effet, nous avons besoin de rêver le futur pour garder espoir : les dystopies ne font que contribuer au pessimisme ambiant.

Les utopies ne sont pas nécessairement à privilégier non plus car, par définition, elles n’apportent pas un cadre fertile au récit. En effet, puisqu’il s’agit d’un lieu où tout est parfait, il n’y a pas de place pour des situations conflictuelles qui permmetraient une progression dans le temps intéressante. D’ailleurs, il n’est pas particulièrement agréable de lire sur des sociétés parfaites lorsque l’on ne vit pas personnellement dans l’une d’elles.

Il faut trouver le juste milieu et il s’avère que ce juste milieu a désormais un nom : l’ambitopie. En résumé, l’ambitopie est un récit où une société tente de devenir une meilleur société. Dans le cadre de la littérature ambitopique, l’on peut voir la dystopie et l’utopie si le coeur de l’auteur y est. La plausibilité du futur est d’autant plus grande si la tentative ne prend pas place après un désastre ou sur une autre planète. Le mouvement solarpunk commence lentement à bâtir une littérature dans cette vague. Étant moi-même passionnée d’écriture et de l’émergent mouvement solarpunk, j’ai (re)commencé à écrire de la science-fiction qui se veut tant bien que mal véhicule pour des pistes de solutions aux problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui.

Tout en noircissant quelques pages, j’ai continué à tergiverser sur la science-fiction. J’en suis venue à une autre conclusion : il s’agit d’un exercice extrêment riche que d’essayer de saisir une culture par sa science-fiction. L’on peut y voir les espoirs et les craintes d’un peuple, ainsi que leur rapport à la science et à la technologie. J’ai un petit dada pour la littérature africaine, mais qui sait ce qui passera en prochain sous mon radar . Je suis plus qu’ouverte aux recommendations évidemment. Ainsi, je compte continuer de voyager à travers le monde (et le temps!) dans les mois qui suivent, mais grâce aux mots uniquement. Bonjour les économies!

Une promenade littéraire dans le monde du zen et du bouddhisme

Je dois avouer que, dans mon cas, les cours d’éthique et culture religieuse du secondaire ont été utiles. En effet, la découverte du bouddhisme aura été importante pour moi. Je me rappelle de l’émerveillement que j’ai rencontré en lisant une biographie du Dalaï-Lama. Sa sagesse m’a beaucoup impressionnée, surtout lorsque j’ai constaté que ce grand chef spirituel disait que tout était interdépendant, y compris les religions.

Toutefois, ce n’est pas en tant que manière de résoudre les conflits religieux que le bouddhisme m’a impressionné. Tout d’abord, le bouddhisme, par sa possibilité d’être perçu à la fois comme une philosophie et une religion, est une spiritualité des plus accessibles. Sans adopter entièrement les croyances bouddhistes — la réincarnation par exemple —, on peut tout de même tirer beaucoup de leçons.

J’ai donc toujours eu une attirance pour cette religion et philosophie. La pensée orientale me fascine en général. Cependant, j’ai longtemps oublié cet intérêt (heureusement, la pratique du haïku ne m’a jamais vraiment quittée). J’ai récemment découvert le balado Zen Studies Podcast, que j’avais mentionné dans cet article,  et cela a ranimé la flamme que j’avais pour le sujet. C’était la première fois que je m’intéressais au sujet du zen bien précisément.

En gros, l’on ne peut chercher la différence entre le zen et le bouddhisme. En fait, il faut faire la distinction entre le bouddhisme zen et le bouddhisme tibétain. Le bouddhisme zen est originaire de la Chine et se concentre sur l’illumination personnelle à travers la méditation. Les prémisses de base du bouddhisme sont mis ici sous les projecteurs.  Quant au  bouddhisme tibétain, il émerge évidemment du Tibet. Celui-ci se concentre davantage sur les textes – étant davantage consciencieux par rapport aux déclinaisons de la religion à travers le temps. Sa pratique est davantage orientée vers la visualisation et la dévotion.

Comme le monde des affaires le sait, la spiritualité vend bien. Les livres sur le sujet sont disponibles en quantités industrielles : il est difficile de trouver les perles rares. Je crois en avoir déniché deux dernièrement et je tiens bien à vous les partager.

En ce qui concerne le bouddhisme zen, mon coup de cœur est Le doigt et la lune d’Alejandro Jodorowsky, un artiste multidisciplinaire que j’adore. Dans son ouvrage, il nous expose fables et poèmes zens. À la différence de bien des livres de la sorte, celui-ci prend la peine de nous expliquer lesdits fables et poèmes, et ce, avec une voix claire et inspirante. La variété de la sélection rend tout le monde heureux et, pour avoir lu quelques ouvrages similaires par le passé, je peux avancer que Jodorowsky s’y prend avec brio. Je vous conseille d’ailleurs sa biographie La danse de la réalité, très inspirante, qui évoque d’ailleurs ses années où il a étudié le zen aux États-Unis.

En ce qui concerne le bouddhisme en soi, le livre qui a changé ma manière de percevoir le monde s’appelle Les cinq énergies de la sagesse et il est écrit par Irini Rockewell. Lorsque l’on commence à étudier le bouddhisme, on se rend compte que ses déclinaisons sont nombreuses. Ici, ce qui se démarque, c’est que l’on ajoute à la philosophie bouddhique l’idée qu’il y a cinq énergies distinctes qui animent le monde et les individus. La balance de ces énergies – à travers notre mandala intérieur et extérieur – nous permet d’appréhender qui nous sommes et qui les autres sont. Bien que d’apparence assez ésotérique et naïve, l’affaire est extrêmement convaincante. Les énergies ont des portraits complexes qui semblent en effet permettre de saisir le large schème des comportements humains et il est vrai que ma réflexion sur le sujet m’aura aidé à comprendre davantage qui je suis.

Évidemment, je ne vous partage pas cette promenade pour vous convertir au bouddhisme : moi-même, je ne me considère pas bouddhiste. En effet, je vois la spiritualité aujourd’hui comme un buffet à volonté où l’on peut choisir ce en quoi l’on croit en fonction de ce que cela nous apporte. Je crois aussi qu’il est plus agréable de croire en une force invisible plutôt que de se borner dans le rationalisme scientifique — qui n’est qu’un système de croyances, lui aussi, après tout. Une des raisons pourquoi j’ai de la difficulté à m’accoler au bouddhisme est notamment que l’artiste en moi ne veut pas arrêter de désirer — idée clé de la religion —, j’ai l’impression que la douleur lié au désir a si longtemps fait partie de mon expression créative que j’ai de la difficulté à m’en dissocier, mais j’y arrive lentement.

Dans un autre ordre d’idée, je suis tombée dernièrement sur cet article qui tente d’expliquer pourquoi le monde occidental craint l’intelligence artificielle tandis que celui oriental semble inconditionnellement enthousiaste à ce sujet. L’auteur, le Japonais Joi Ito, de ce dernier fait reposer son explication sur la différence intrinsèque entre les religions orientales et celles occidentales. En effet, d’un côté, les religions chrétiennes mettent l’espèce humaine sur un pied d’éstade – le dissociant du reste du monde – et disent que croire en autres choses que Dieu est blasphématoire. Il n’est pas surprenant que l’apparition d’une intelligence supérieure puisse les inquiéter. Étonnamment, certaines sectes chrétiennes s’adaptent à cette réalité en intégrant le transhumanisme dans leur croyance, notamment les mormons (à ce sujet, je vous suggère ce balado). De l’autre côté, le shintoïsme et le bouddhisme prônent que tout a une vie,  tout est égal et interrelié : la plante, l’animal et l’humain ont une valeur similaire. Ainsi, pour eux, un robot est facile à appréhender comme égal plutôt qu’inquiétant, voire bienvenu. Évidemment, d’autres facteurs, comme la culture populaire, influencent nos perceptions sur l’intelligence artificielle, mais il est intéressant de voir comment la religion peut expliquer partiellement cela.

Pour conclure, je risque de reparler de ces sujets sur Apprendre comme du monde prochainement. J’aimerais continuer mon exploration du zen et du bouddhisme à travers certains ouvrages, dont No Mud No Lotus : The Art of Transforming Suffering du célèbre Thích Nhất Hạnh et Buddha’s Brain: The Practical Neuroscience of Happiness, Love & Wisdom de Rick Hanson.

 

Et vous, que pensez-vous des religions orientales? Est-ce que les philosophies de l’Orient vous intéressent? Trouvez-vous l’explication de Joi Ito plausible? Connaissez-vous certains des titres ci-dessus? Faites-moi-le savoir dans les commentaires.

Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur selon Edgar Morin

Bien que n’offrant pas un cursus traditionnel disant d’enseigner XYZ disciplines, Edgar Morin offre ici une ligne directrice bien pensée pour l’éducation des générations à venir. Le philosophe et sociologue a su cibler les problèmes actuels et leur articuler des solutions réalistes.

L’ouvrage en soi est très bref, l’on va au vif du sujet. Pour une synthèse plus exhaustive et juste, je vous invite à consulter le résumé de la matière couverte qu’on retrouve à même les premières pages du livre (livre accessible en ligne, puisqu’il s’agit d’un ouvrage commandité par l’UNESCO).

Néanmoins, voici, dans mes mots, ce que couvre Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur.

Tout d’abord, Edgar Morin met en perspective que l’on ne s’arrête pas à étudier l’objet qu’est la connaissance en soi. Celui-ci propose qu’il faut rappeler à tous que la connaissance qu’on acquiert est toujours susceptible de contenir des erreurs ou d’être une illusion. Il sensibilise aux biais mentaux, sociaux, sentimentaux, etc. qui peuvent teindre notre vision de la connaissance. Il apporte une intéressante distinction entre la rationalisation et la rationalité, disant que la rationalité est ouverte, mais que la rationalisation est close, car paradigmatique, donc pouvant entraîner des erreurs.

Par la suite, celui-ci se penche sur le comment acquérir des connaissances et comment les articuler, les organiser. Il avance qu’il est désormais difficile d’avoir une vision globale, notamment en raison de notre tendance à balkaniser nos disciplines. Dans un appel à un retour à la pluridisciplinarité, il rappelle l’importance de quatre échelles de compréhension – si l’on peut le dire ainsi – soit, le contextuel, le global, le multidimensionnel et le complexe. Il précise que c’est entre autres dû à cet affaiblissement de la perception globale du monde que l’on observe une diminution des sentiments de responsabilité et de solidarité.

C’est un devoir capital de l’Éducation que d’armer chacun dans le combat vital pour la lucidité.

C’est la condition humaine et l’identité terrienne qui sont ensuite mises sous les projecteurs. En ce qui concerne la condition humaine, Edgar Morin illustre ce propos en ramenant en mémoire la relation cerveau-culture-esprit, celle raison-affection-pulsion et celle individu-espèce-société. Il parle également de culture, déclarant ainsi que la culture n’existe qu’à travers les cultures et que la culture maintient l’identité humaine en place. Quant à l’identité terrienne, cette dernière se rapporte plutôt à notre relation avec la planète Terre. Aux yeux d’Edgar Morin, la prise de conscience de l’identité terrienne est essentielle dans la gestion de la crise du climat.

Enfin, le philosophe se pose sur la question des incertitudes en affirmant qu’il faut les affronter plutôt que de les nier. Il déclare que l’avenir est hautement imprédictible et restera toujours ainsi. Il apporte aussi l’idée d’enseigner la compréhension (entre humains) puisque, selon lui, les progrès de l’incompréhension sont plus grands que ceux de la compréhension. En effet, aucune technique de communication n’apporte intrinsèquement la compréhension. Il met la faute de cette incompréhension grandissante sur l’égocentrisme, l’ethnocentrisme et le sociocentrisme. C’est pourquoi, ultimement, il demande d’humaniser l’humanité à nouveau, notamment à travers la démocratie. L’impératif ici est de «sauver l’humanité en la réalisant», étape d’autant plus urgente que la technologie creuse un fossé dangereux et de plus en profond entre les individus.

En bref, cette lecture m’a été agréable : facile à comprendre et enrichissant à la fois, quoi demander de mieux d’un ouvrage de philosophie? Ce texte d’Edgar Morin mérite à être davantage connu.

Selon vous, qu’est-ce qui devrait être prioritaire dans l’éducation des générations futures?

Une promenade littéraire dans le monde des finances personnelles

Comme je l’ai mentionné dans mon bilan de juillet, je prévoyais en apprendre davantage sur le domaine des finances personnelles en août. Mon médium de prédilection pour en apprendre sur le sujet? Les livres, bien évidemment.

Je n’avais pas envie de faire une critique littéraire de chacun des livres que j’ai lus. Surtout que ma «promenade» n’est pas terminée encore, ma curiosité sur le sujet n’est pas encore tarie. En fait, on peut en quelque sorte dire que mon «objectif» par rapport aux finances personnelles n’est pas encore atteint.

Avant de parler d’objectif, parlons d’où mon intérêt est venu. Depuis bien longtemps, j’ai la conviction que l’on ne peut dissocier l’économie à la politique, à l’environnement, au mode de vie, etc. Ainsi, je crois depuis presque toujours que ma compréhension de ce sujet est primordiale. Néanmoins, comme plusieurs, je n’ai pas un intérêt personnel naturel : le monde des finances me semble chaotique et extrêmement complexe. C’est en réussissant à orienter mon apprentissage vers un objectif personnel que j’ai réussi à m’y mettre.

 

Your Money or You Life de Vicki Robin et Joe Domingez

Tout cela a commencé lorsque j’ai décidé d’acquérir le livre Your Money or Your Life de Vicki Robin. Ce livre a tout simplement changé complètement ma vision du monde. Your Money or Your Life est un guide pratique pour atteindre l’indépendance financière. Qu’est-ce que l’indépendance financière? C’est de ne plus avoir besoin de travailler pour l’argent. C’est aussi savoir combien d’argent est assez pour soi afin de pouvoir vivre une vie que l’on aime, maintenant et demain.

Les trois piliers de la méthode à Robin sont la frugalité, la simplicité et l’autosuffisance, des idées qui ont beaucoup résonné avec moi et ma manière d’être. Dans son ouvrage, elle nous permet aussi de repenser notre vision du travail et de l’argent. Pour elle, l’on échange rien de moins que son énergie vitale contre de l’argent. Ainsi, elle nous invite à repenser nos dépenses en termes d’heures nécessaires de travail. Elle nous permet aussi d’ouvrir les yeux sur notre salaire horaire : avec le transport, les collations pendant les pauses, l’habillement nécessaire, souvent, l’on ne gagne pas autant qu’on le croit.

Bref, pour la jeune femme que je suis qui enchaine les emplois absurdes et qui sait que sa passion (la poésie) ne peut pas réellement devenir une carrière stable, la vision de Robin a été révélatrice. En effet, il n’est pas obligatoire de passer toute sa vie sur le marché du travail. Par le fait même, il n’est pas nécessaire d’aimer son métier d’amour : ce n’est que l’intermédiaire à travers lequel on obtient l’argent. Ensuite, une fois financièrement indépendants, si l’on veut «travailler»  à des projets qui nous tiennent à cœur mais qui ne sont pas rentables, nous sommes bien libres de le faire.

Concrètement, pour atteindre le stade de l’indépendance financière, il faut simplement que nos revenus passifs dépassent nos dépenses. Bien que cela semble difficile à atteindre, Your Money or Your Life recèle d’exemples qui nous en prouve la possibilité. Et je compte bien m’y essayer. C’est pourquoi je suis à fond dans les finances personnelles.

 

The Investor’s Manifesto de William J. Berstein

Obligatoirement, il est question d’investissement.  Ce qui est conseillé est d’investir dans des fonds communs de placement, ceux de Vanguard notamment. Cependant, j’ai ce besoin d’en savoir plus sur le sujet avant de m’y mettre. J’avais mentionné vouloir lire The Four Pillars of Investment de William J. Berstein, mais j’ai opté pour The Investor’s Manifesto du même auteur, qui se veut une version actualisée du livre précédent.

Tout d’abord, j’aimerais dire que ce livre m’a étonnamment surprise et que je crois que toute personne s’intéressant  un minimum au monde des investissements devrait le lire. Son vocabulaire est très compréhensible  (lorsque le jargon est trop économique, Berstein prend la peine de nous le «traduire en anglais»). Les sujets sont variés : on parle mathématique, histoire et psychologie par exemple. La structure du livre est également très propice à l’apprentissage. Des sous-titres explicites avec des synthèses en fin de section permettent de s’assurer de notre compréhension des concepts.

Ce qu’on tire d’une telle lecture est une meilleure compréhension de l’action même d’investir, mais aussi une lucidité par rapport à l’affaire. En effet, Berstein nous donne trois avertissements. Premièrement, nous ne sommes pas si braves : peu de gens ont la force mentale pour supporter les grands risques qui vont avec les grands revenus. Deuxièmement, les maisons ne garantissent pas la retraite, l’immobilier comporte lui aussi des risques. Troisièmement, pour investir, il faut épargner de l’argent avant tout.

Bref, Bernstein insiste dans son livre sur l’instabilité du monde des finances et, par le fait même, il ressasse souvent le thème des risques. Néanmoins, je crois que le sentiment de répétition dans ces propos en vaut le coup : c’est effectivement une leçon qui doit être intériorisée complètement.

En somme, le livre, comme il a été mentionné plus tôt, couvre beaucoup de sujets. Seul un chapitre concerne a proprement dit comment bâtir un portfolio, mais cela est bien assez à mon avis. Cependant, je considère que cette lecture se doit d’être complémentée en fonction des intérêts. Par exemple, je lis actuellement Investing For Change : Profit From Responsible Investment de Augustin Lander et Vinay B. Nair et je compte poursuivre avec Common Sense on Mutual Funds de John C. Bogle.

 

You Are a Badass at Making Money de Jen Sincero

Comme Paula Pant de Afford Anything le propose, plutôt que de se concentrer sur l’idée de diminuer le plus possible nos dépenses pour atteindre l’indépendance financière, on peut essayer de faire plus d’argent. Pour elle, sa méthode aura été d’investir dans l’immobilier. J’aimerais également investir dans l’immobilier un jour, mais mes moyens financiers sont trop limités aujourd’hui. Toutefois, je vais lire bien des livres sur le sujet pour être prête au jour J.

Une autre optique qui s’offre à moi – et aux jeunes adultes en général -, c’est d’être entrepreneur. Avec You Are a Badass at Making Money de Jen Sincero, j’ai été catapulté dans un monde où l’attitude est la clé. Si je crois assez fort pouvoir faire plus d’argent et que j’ai la volonté pour le faire, pourquoi n’y arriverais-je pas? Comme le propose le livre The Millionaire Next Door qui présente le portrait d’individus «banals» qui sont devenus riches, je suis convaincue que le succès financier est accessible.

J’entends déjà les «mais, il faut avoir ça dans le sang pour se lancer dans le monde du business». L’histoire de Sincero, qui a longtemps été sans un sou à vivre dans un garage et qui est maintenue riche et connue à travers le monde, montre que tout est possible (ça et tous les autres témoignages dans son ouvrage).

Avec l’accent qu’elle met sur l’importance des pensées positives et de la loi de l’attraction, on pourrait même croire que cela est simple. Évidemment, son You Are a Badass at Making Money n’est pas une science pure : ce n’est pas le titre à choisir si l’on cherche des conseils concrets. Par contre, si l’on a besoin de repenser sa relation avec l’argent ou si l’on a besoin d’inspiration, alors c’est le choix parfait. Ce livre m’évoque notamment le succès Big Magic de Elizabeth Gilbert.

Si j’ai un «conseil concret» à retenir de ces quelque deux cents pages, c’est le potentiel d’un mentor. En effet, l’écrivaine met l’accent sur comment le coaching l’a aidée à faire fleurir son entreprise. Même si le mentorat peut être couteux, elle m’aura convaincue de l’utilité d’une telle dépense.

Donc, à défaut de m’orienter vers une direction bien précise, cette lecture m’aura donné un regain d’intérêt pour l’entrepreunariat. Bien que je ne me considère pas intrinsèquement entrepreneuriale, je crois que notre siècle rend l’affaire extrêmement accessible et que je n’ai rien à perdre de lire sur le sujet. Par exemple, j’ai emprunté Digital Branding de Daniel Rowles à la bibliothèque. Bien qu’abandonné à mi-chemin (le contenu était trop orienté vers les entreprises déjà établies – ce qui n’est décidément pas mon cas), j’ai pu saisir l’importante de l’expérience de l’utilisateur dans le marketing. Dans le futur, je risque peut-être de cibler des cours en ligne de personnal branding sur des réseaux sociaux spécifiques plutôt que des guides généraux comme celui-ci.

 

Que dîtes-vous de ce format? Préférez-vous les bonnes vieilles critiques littéraires? Au contraire, vous voulez que l’on poursuive cette «promenade»? Faites-moi-le savoir dans les commentaires et n’hésitez pas à me conseiller d’autres livres ou réflexions sur le sujet des finances personnelles.

Le livre à lire pour mieux comprendre la révolution numérique

En quelques mots

Le livre The People’s Plateform : Taking Back Power and Culture in the Digital Age de Astra Taylor est une porte d’entrée vers une meilleure compréhension de l’actuelle révolution numérique. Ce  livre couvre énormément d’aspects de celle-ci : la publicité, les droits d’auteur, les coûts environnementaux, l’altération de la culture, le hacking, etc. Il s’agit donc une excellente mise en bouche pour ceux qui s’intéressent tout juste aux problématiques liées au web, quoiqu’il convient probablement moins aux lecteurs qui en connaissent déjà beaucoup sur le sujet. Toutefois, le fil conducteur de l’ouvrage – la culture – donne assurément un ton différent à The People’s Plateform qu’on ne retrouverait pas dans des ouvrages similaires et cedit fil amène une réflexion riche qui dépasse le cadre virtuel et c’est pourquoi je le conseille à tous.

Sur l’auteure

Même si je fais certains efforts pour lire davantage d’auteures qui viennent de mon pays ou d’horizons variés, ce critère est rarement très décisif dans le choix de mes lectures. C’est après coup que j’ai découvert que l’auteure de The People’s Plateform, Astra Taylor, était une femme américano-canadienne. Également activiste, documentariste et enseignante en sociologie, la carrière d’Astra Taylor en est une des plus inspirantes. Ce qui est également intéressant est le fait qu’elle n’a pas un parcours scolaire traditionnel. N’ayant pas été à l’école lorsqu’elle était toute jeune pour finalement y aller et s’inscrire dans un parcours sinueux entre plusieurs universités, elle aura pris la décision que l’unschooling était un engagement à vie et quitta les bancs universitaires (du moins, en tant qu’étudiante). Un petit point bonus pour le blogue.

Sur le livre

N’y allons pas par quatre chemins. La thèse de l’auteure va comme suit : l’Internet appartient présentement aux grandes entreprises et le web accentue actuellement les inégalités plutôt que de les réduire. Cependant, cette situation peut changer.   Chaque chapitre aborde une problématique bien précise, ils prennent l’allure de courts essais qu’on pourrait lire indépendamment de l’ensemble.

(Petite précision, l’article ici se veut plus une critique qu’un résumé, ainsi l’argumentaire qui accompagne cette thèse ne sera pas complètement couvert. J’y aborderai plutôt les points qui m’ont marquée tout en essayant de montrer la richesse de la réflexion d’Astra Taylor afin de vous donner envie d’en découvrir l’entièreté en lisant par vous-même.)

Le livre commence avec une réflexion plus théorique, ouvrant le débat de l’égalité inhérente à l’Internet où des concepts comme le «socialisme numérique» et le «féodalisme numérique» se côtoient. La question de la culture entre en scène très rapidement. Dès le second chapitre – l’un des plus intéressants selon moi-, on aborde comment le concept de travail a changé à l’orée de ce siècle plein d’influencers et de créatifs en tout genre. Puisque généralement créatif désormais, le travail devient une expérience plutôt qu’une tâche et ce changement de paradigme pourrait alors justifier le travail mal payé, voire gratuit. Astra Taylor y montre aussi comment la psychologie de la créativité, en surcroît de la culture en elle-même, devient un moteur de taille pour l’économie de nos jours, et ce, à l’avantage des entreprises plutôt que des individus.

Lorsque l’on l’entre dans le domaine des droits d’auteurs, l’on examine entre autres la transformation du milieu de la musique et du cinéma. On questionne les pour et les contre de se passer d’intermédiaire, privilégiant ainsi l’autodistribution. On réfléchit sur l’impact de nouveau géant comme Netflix ou Spotify, etc. Puisque sa réflexion est guidée par sa conviction qu’il est nécessaire d’établir une pratique culturelle durable, Astra Taylor essaie ici de trouver le juste milieu par rapport à la question des droits auteurs, et ce, en examinant le tout à travers plusieurs lentilles, notamment celle légale, philosophique et économique. La conclusion qu’on tire à ce sujet est que ceux-ci devraient appartenir aux artistes plutôt qu’aux grandes compagnies.  Quant au piratage, concept intrinsèquement lié à celui précédent, sans le condamner, elle essaie de faire saisir que l’art ne peut pas être complètement gratuit si l’on veut que les artistes continuent de créer. Les points qu’elle relève à ce sujet sont très pertinents. Elle rappelle d’ailleurs que la relation entre les artistes et les consommateurs devrait en être une d’entraide, ce qui est peu le cas ces dernières années.

La partie qui concerne l’environnement est, selon moi, l’une des moins originales. Toutefois, l’on ne peut vraiment blâmer l’auteure. Il s’agit seulement que les faits qu’elle relève sont généralement déjà connus. Quant à la section sur la publicité, elle est extrêmement bien développée, mais parfois, le jargon économique m’aura fait décrochée.  Toutefois, j’en retiens des faits intéressants, notamment que les fondateurs de Google étaient à la base contre la publicité sur leur site, chose dont on n’aurait pu se douter en regardant le moteur de recherche aujourd’hui. Un dernier petit point que j’aimerais apporter est que j’ai apprécié que l’on aborde brièvement le recul de l’Afrique dans cette révolution numérique ainsi que son impact et ses possibles solutions.

En somme, The People’s Plateform est un ouvrage à mettre entre toutes mains. C’est un livre à lire en soulignant et en prenant des notes pour en tirer le plus possible, mais qui ne demande pas de prise de tête en ce qui concerne la compréhension. Malgré le sujet abordé, l’ouvrage ne prend en rien une tournure trop gauchiste, anticapitaliste ou marxiste. L’approche est vraiment terre à terre et prend en considération de nombreux point de vue.  À la fois extrêmement bien documenté et plein d’expériences personnelles, le livre d’Astra Taylor est très enrichissant et permet de forger son esprit critique. En effet, il n’y a pas de réponse toute faite aux nombreuses questions qui sont posées. Les situations sont exposées avec un réalisme qui donne un ton un peu sombre au livre, mais l’optimisme de Taylor résonne malgré tout dans l’œuvre. Son appel à une culture durable, c’est-à-dire diversifiée et équitable, est sans aucun doute pertinent et mérite d’être entendu.

Et vous, quels aspects de la révolution numérique vous intéressent le plus? Personnellement, ma prochaine lecture à ce propos risque d’être This Machine Kills Secrets : How WikiLeakers, Cypherpunks and Hacktivists Aim to Free the World’s Information de Andy Greenberg qui présente une évolution historique du piratage informatique. L’avez-vous déjà lu?  Sinon, avez-vous des des livres,  des documentaires, des podcasts ou des articles à conseiller sur le sujet? Laissez-moi le savoir dans les commentaires!