Réflexions sur la science-fiction

Voyager.
Je n’en pouvais plus de la ville.

Aujourd’hui, je m’en ennuie. Pas pour la ville en soi. Je m’ennuie de la ville pour mon appartement, c’est-à-dire un endroit chaud pour lire tranquillement.

Du fin fond de mon hiver canadien, j’ai découvert des paysages magnifiques. J’ai aussi découvert le désert, celui de Nnedi Okorafor, auteure nigérienne.

Même si je rêve de m’enfuir dans la forêt depuis toujours, je n’ai pas pu arrêter de penser à la société que je quittais temporairement. Depuis toute jeune, je rêve de changer le monde. Malgré moi, ce détour dans la nature aura enclenché quelque chose dans ma tête qui m’aura poussée à réfléchir constamment à la technologie et aux futurs possibles.

Le roman de Nnedi Okorafor, Qui a peur de la mort?, que j’avais sous la main a certainement joué un rôle dans cela. En effet, l’oeuvre de science-fiction aura ranimé ma faim pour le genre. Loin de proposer des visions du futur qui font rêver,  Okorafor propose dans son livre un paysage africain dans un temps éloigné (après l’extinction des tigres, apprend-on, et après l’abandon de la technologie) rempli de magie et de traditions. Ainsi, se rencontraient la culture d’une Afrique imaginaire et les futurs possibles. Avec ce livre, j’ai eu l’impression de voyager dans l’espace et dans le temps avec des personnages forts et attachants. Un voyage à l’intérieur même de mon voyage donc.

Je lis énormément beaucoup, et ce, depuis toute jeune. J’ai un peu perdu foi en la fiction ces dernières années – préférant livres des essais et des biographies – , mais me voilà qui la retrouve. Je suis désormais convaincue que la littérature, spécialement le genre qu’incarne la science-fiction, est essentielle pour envisager l’avenir. Le point que j’avance n’est pas nouveau : les voix se font de plus entendre sur la toile à ce sujet. Qui plus est, le fait que le pouvoir politique se contente normalement de lister les problèmes plutôt que de les régler avec audace ne fait que renforcer cette idée.

La science-fiction, comme on le sait tout, est rempli de sous-genres. Bien que la diversité est une richesse en soi, il y a un type d’oeuvres bien préci dont nous avons besoin et il s’agit de l’ambitopie. J’emprunte ici le terme à Redfern Jon Barrett.

Les dystopies, quoique divertissantes et de plus en plus nombreuses sur les étagères, ne sont pas le genre d’oeuvre que j’ai en tête lorsque je dis que dis que nous avons besoin de la littérature en ces temps cruciaux. En effet, nous avons besoin de rêver le futur pour garder espoir : les dystopies ne font que contribuer au pessimisme ambiant.

Les utopies ne sont pas nécessairement à privilégier non plus car, par définition, elles n’apportent pas un cadre fertile au récit. En effet, puisqu’il s’agit d’un lieu où tout est parfait, il n’y a pas de place pour des situations conflictuelles qui permmetraient une progression dans le temps intéressante. D’ailleurs, il n’est pas particulièrement agréable de lire sur des sociétés parfaites lorsque l’on ne vit pas personnellement dans l’une d’elles.

Il faut trouver le juste milieu et il s’avère que ce juste milieu a désormais un nom : l’ambitopie. En résumé, l’ambitopie est un récit où une société tente de devenir une meilleur société. Dans le cadre de la littérature ambitopique, l’on peut voir la dystopie et l’utopie si le coeur de l’auteur y est. La plausibilité du futur est d’autant plus grande si la tentative ne prend pas place après un désastre ou sur une autre planète. Le mouvement solarpunk commence lentement à bâtir une littérature dans cette vague. Étant moi-même passionnée d’écriture et de l’émergent mouvement solarpunk, j’ai (re)commencé à écrire de la science-fiction qui se veut tant bien que mal véhicule pour des pistes de solutions aux problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui.

Tout en noircissant quelques pages, j’ai continué à tergiverser sur la science-fiction. J’en suis venue à une autre conclusion : il s’agit d’un exercice extrêment riche que d’essayer de saisir une culture par sa science-fiction. L’on peut y voir les espoirs et les craintes d’un peuple, ainsi que leur rapport à la science et à la technologie. J’ai un petit dada pour la littérature africaine, mais qui sait ce qui passera en prochain sous mon radar . Je suis plus qu’ouverte aux recommendations évidemment. Ainsi, je compte continuer de voyager à travers le monde (et le temps!) dans les mois qui suivent, mais grâce aux mots uniquement. Bonjour les économies!

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