Une promenade littéraire dans le monde du zen et du bouddhisme

Je dois avouer que, dans mon cas, les cours d’éthique et culture religieuse du secondaire ont été utiles. En effet, la découverte du bouddhisme aura été importante pour moi. Je me rappelle de l’émerveillement que j’ai rencontré en lisant une biographie du Dalaï-Lama. Sa sagesse m’a beaucoup impressionnée, surtout lorsque j’ai constaté que ce grand chef spirituel disait que tout était interdépendant, y compris les religions.

Toutefois, ce n’est pas en tant que manière de résoudre les conflits religieux que le bouddhisme m’a impressionné. Tout d’abord, le bouddhisme, par sa possibilité d’être perçu à la fois comme une philosophie et une religion, est une spiritualité des plus accessibles. Sans adopter entièrement les croyances bouddhistes — la réincarnation par exemple —, on peut tout de même tirer beaucoup de leçons.

J’ai donc toujours eu une attirance pour cette religion et philosophie. La pensée orientale me fascine en général. Cependant, j’ai longtemps oublié cet intérêt (heureusement, la pratique du haïku ne m’a jamais vraiment quittée). J’ai récemment découvert le balado Zen Studies Podcast, que j’avais mentionné dans cet article,  et cela a ranimé la flamme que j’avais pour le sujet. C’était la première fois que je m’intéressais au sujet du zen bien précisément.

En gros, l’on ne peut chercher la différence entre le zen et le bouddhisme. En fait, il faut faire la distinction entre le bouddhisme zen et le bouddhisme tibétain. Le bouddhisme zen est originaire de la Chine et se concentre sur l’illumination personnelle à travers la méditation. Les prémisses de base du bouddhisme sont mis ici sous les projecteurs.  Quant au  bouddhisme tibétain, il émerge évidemment du Tibet. Celui-ci se concentre davantage sur les textes – étant davantage consciencieux par rapport aux déclinaisons de la religion à travers le temps. Sa pratique est davantage orientée vers la visualisation et la dévotion.

Comme le monde des affaires le sait, la spiritualité vend bien. Les livres sur le sujet sont disponibles en quantités industrielles : il est difficile de trouver les perles rares. Je crois en avoir déniché deux dernièrement et je tiens bien à vous les partager.

En ce qui concerne le bouddhisme zen, mon coup de cœur est Le doigt et la lune d’Alejandro Jodorowsky, un artiste multidisciplinaire que j’adore. Dans son ouvrage, il nous expose fables et poèmes zens. À la différence de bien des livres de la sorte, celui-ci prend la peine de nous expliquer lesdits fables et poèmes, et ce, avec une voix claire et inspirante. La variété de la sélection rend tout le monde heureux et, pour avoir lu quelques ouvrages similaires par le passé, je peux avancer que Jodorowsky s’y prend avec brio. Je vous conseille d’ailleurs sa biographie La danse de la réalité, très inspirante, qui évoque d’ailleurs ses années où il a étudié le zen aux États-Unis.

En ce qui concerne le bouddhisme en soi, le livre qui a changé ma manière de percevoir le monde s’appelle Les cinq énergies de la sagesse et il est écrit par Irini Rockewell. Lorsque l’on commence à étudier le bouddhisme, on se rend compte que ses déclinaisons sont nombreuses. Ici, ce qui se démarque, c’est que l’on ajoute à la philosophie bouddhique l’idée qu’il y a cinq énergies distinctes qui animent le monde et les individus. La balance de ces énergies – à travers notre mandala intérieur et extérieur – nous permet d’appréhender qui nous sommes et qui les autres sont. Bien que d’apparence assez ésotérique et naïve, l’affaire est extrêmement convaincante. Les énergies ont des portraits complexes qui semblent en effet permettre de saisir le large schème des comportements humains et il est vrai que ma réflexion sur le sujet m’aura aidé à comprendre davantage qui je suis.

Évidemment, je ne vous partage pas cette promenade pour vous convertir au bouddhisme : moi-même, je ne me considère pas bouddhiste. En effet, je vois la spiritualité aujourd’hui comme un buffet à volonté où l’on peut choisir ce en quoi l’on croit en fonction de ce que cela nous apporte. Je crois aussi qu’il est plus agréable de croire en une force invisible plutôt que de se borner dans le rationalisme scientifique — qui n’est qu’un système de croyances, lui aussi, après tout. Une des raisons pourquoi j’ai de la difficulté à m’accoler au bouddhisme est notamment que l’artiste en moi ne veut pas arrêter de désirer — idée clé de la religion —, j’ai l’impression que la douleur lié au désir a si longtemps fait partie de mon expression créative que j’ai de la difficulté à m’en dissocier, mais j’y arrive lentement.

Dans un autre ordre d’idée, je suis tombée dernièrement sur cet article qui tente d’expliquer pourquoi le monde occidental craint l’intelligence artificielle tandis que celui oriental semble inconditionnellement enthousiaste à ce sujet. L’auteur, le Japonais Joi Ito, de ce dernier fait reposer son explication sur la différence intrinsèque entre les religions orientales et celles occidentales. En effet, d’un côté, les religions chrétiennes mettent l’espèce humaine sur un pied d’éstade – le dissociant du reste du monde – et disent que croire en autres choses que Dieu est blasphématoire. Il n’est pas surprenant que l’apparition d’une intelligence supérieure puisse les inquiéter. Étonnamment, certaines sectes chrétiennes s’adaptent à cette réalité en intégrant le transhumanisme dans leur croyance, notamment les mormons (à ce sujet, je vous suggère ce balado). De l’autre côté, le shintoïsme et le bouddhisme prônent que tout a une vie,  tout est égal et interrelié : la plante, l’animal et l’humain ont une valeur similaire. Ainsi, pour eux, un robot est facile à appréhender comme égal plutôt qu’inquiétant, voire bienvenu. Évidemment, d’autres facteurs, comme la culture populaire, influencent nos perceptions sur l’intelligence artificielle, mais il est intéressant de voir comment la religion peut expliquer partiellement cela.

Pour conclure, je risque de reparler de ces sujets sur Apprendre comme du monde prochainement. J’aimerais continuer mon exploration du zen et du bouddhisme à travers certains ouvrages, dont No Mud No Lotus : The Art of Transforming Suffering du célèbre Thích Nhất Hạnh et Buddha’s Brain: The Practical Neuroscience of Happiness, Love & Wisdom de Rick Hanson.

 

Et vous, que pensez-vous des religions orientales? Est-ce que les philosophies de l’Orient vous intéressent? Trouvez-vous l’explication de Joi Ito plausible? Connaissez-vous certains des titres ci-dessus? Faites-moi-le savoir dans les commentaires.

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