Mes trois priorités dans mon processus de «deschooling»

En théorie, l’école nous permet d’apprendre. En pratique, les méthodes utilisées pour permettre aux élèves d’acquérir des connaissances ne sont pas nécessairement les meilleures. Qui plus est, l’expérience scolaire en soi influence beaucoup les individus au-delà de leur méthode de travail. Lorsque l’on décide de quitter les bancs d’école, d’opter pour le unschooling, il faut habituellement passer à travers une période de «deschooling» pour perdre les mauvais plis pris dans le processus. Voici ce que je considère comme mes priorités dans ledit processus.

1 – Apprendre à se connaître soi-même.

Dans un monde où les possibilités semblent infinies, il est important de savoir ce que l’on veut. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Pour savoir ce que l’on veut, il faut bien se connaître. Et savoir ce que l’on veut, qui l’on est, nous évite beaucoup de problèmes.

Avec les possibilités infinies vont les influences infinies, il faut savoir s’écouter. Savoir quel mode de vie l’on veut par exemple. Dans une optique où l’on envisage de devenir un étudiant libre – au sens que l’on choisit soi-même ce que l’on apprend et comment on apprend -, ce sont des connaissances primordiales, question efficacité. Il faut savoir vers où diriger son temps et ses efforts plutôt que de s’éparpiller.

Mais, évidemment, il faut s’éparpiller un peu avant de savoir où se diriger. Heureusement, ce n’est pas une quête emplie de solitude. De nos jours, les coachs de vie pullulent et, si j’avais à n’en choisir qu’un seul, ce serait de Aileen de Lavendaire qui est très inspirante. Elle a sur sa chaîne YouTube un vidéo qui aide à diriger sa quête d’exploration de soi. Mettre sur papier ses intérêts, ses dégoûts, ses peurs, etc. telle qu’elle le propose est très utile.

Une fois s’être questionné sur ce que l’on aime et n’aime pas, il y a une étape intermédiaire.

À travers  un épisode de The Ground Up Show — un podcast dirigé par Matt D’Avella, le directeur du documentaire Minimalism — avec Nate Green, j’ai découvert le concept de «small test» (concept que je compte bien mettre à l’essai). Celui-ci veut que, avant d’entreprendre des grands projets comme ouvrir une entreprise ou commencer un baccalauréat, il faut tester notre intérêt. Par exemple, si l’on envisage de devenir entraîneur personnel, avant de payer une somme exorbitante pour la certification, l’on pourrait essayer d’entraîner un ami, voir si l’activité nous plait. Dans le même ordre d’idée, avant de se lancer dans un programme à longue haleine dans une université, on peut suivre un cours en ligne sur des sites comme Coursera ou Skillshare. Vous voyez le genre.

2 – Se réapproprier sa créativité.

J’ai toujours été une personne créative. L’écriture est ma passion depuis toujours. Et pourtant, j’ai bien eu l’impression de perdre des bouts de créativité par-ci par-là durant mon parcours scolaire. Le stress, la demande constante de productivité, les méthodes scientifiques, tout ça m’aura longtemps empêchée d’être réellement créative, et ce, sans que je m’en rende complètement compte.

C’est une fois ma dernière session d’université terminée que je me suis rendue compte que j’avais perdu l’habitude de «créer pour le plaisir». J’étais devenue une machine à travaux sur mesure. D’ailleurs, puisque ma passion est l’écriture, l’affaire était assez insidieuse car, dans les faits, j’écrivais autant qu’avant, sinon plus. Pour remédier la situation, j’ai essayé de me lancer dans des choses que je n’avais jamais faites avant.

Mixer des beats et faire de l’aquarelle ont été mes deux brise-glaces. Je n’avais jamais touché à la musique électronique avant et mes expériences de peinture à l’eau étaient extrêmement minimes. Mais Dieu que ça m’a fait du bien. Après, la poète en moi s’est un peu rallumée. L’envie de créer sans prise de tête était revenue (envie que j’associe avec l’envie de jouer comme un enfant), l’ambition aussi. Avant, je ne sentais que l’épuisement et le besoin de distraction. Désormais, c’était une soif de lumière et d’apporter de la lumière.

Dans un épisode podcast de School Sucks, un invité aura dit que, dans le futur, en raison de la robotisation, il y avait deux habilités encore utiles à développer : savoir contrôler les robots et savoir être créatif (les robots ne pourront jamais être créatifs).

Avant cette réalisation, j’avais déjà la conviction profonde que la créativité est un élément essentiel à une vie bien vécue. Par la suite, j’étais convaincue que je devais y accorder une importante encore plus grande.  Quoique l’on peut débattre sur les possibles autres habilités encore utiles après la grande automatisation, l’on peut aussi comprendre l’idée inhérente à cette déclaration. Ce n’est pas pour rien que je revendique dans mon Manifeste de l’étudiant insatisfait des travaux évalués en partie sur la créativité.

3- Développer davantage son esprit critique.

Comme il a été avancé plus tôt, on vit dans l’ère des 1001 influences (bonjour publicités et fake news notamment). Dans l’optique de l’autodidacte, sans l’enseignant — figure d’autorité —, il faut savoir déceler ce qui est vrai du faux, ce qui est important de l’inutile.

Et même dans l’optique du monsieur/madame Tout-Le-Monde, la complexité du monde qui nous entoure nous oblige à développer son esprit critique. Il suffit de penser au système économique plein d’ombre, à la politique-spectacle ou bien aux ragots çà et là dans notre entourage. Il faut être capable de se faire une tête sur certains sujets et d’être critique sans avoir besoin des autres.

D’ailleurs, remettre en question le monde qui nous entoure ouvre justement un monde de possibilités. Cela tient peut-être du fait que je suis une nerd qui revient d’un programme de science politique, mais je trouve fascinant de discuter des alternatives au système actuel (anarchie, économie participative, écosociété, etc.). Et pourtant, si l’on ne requestionne pas ledit système, de telles conversations peuvent sembler bien vaines.

Avoir un esprit critique, c’est aussi savoir mieux se connaître. C’est savoir prendre des bonnes décisions pour soi et savoir assumer ces décisions. Par exemple, j’habite actuellement un petit appartement (un 2 1/2 tout simple). Mon rêve ultime serait d’avoir une minimaison. Pourquoi irais-je écouter les gens qui veulent me faire croire que j’ai besoin de grands espaces et de luxe?

Comment développer son esprit critique est une autre histoire qui serait trop longue pour cet article. Une connaissance de la philosophie, de l’histoire, de l’actualité et des rudiments scientifiques aident à développer un esprit critique entre autres. De mon côté, il s’agit de mon deux ans à étudier les arts libéraux au Cégep du Vieux-Montréal, mis de pair avec une curiosité naturelle, qui m’auront principalement aidé à devenir une personne plus critique.

 

Pour mes lecteurs aux études, les vacances d’été peuvent être l’occasion pour vous aussi, essayer de travailler sur les points relevés. Êtes-vous d’accord avec mes priorités? Que conseillez-vous pour mieux se connaître soi-même, être davantage créatif et critique? Souhaitez-vous en lire davantage sur le deschooling? Faites-le-moi  savoir dans les commentaires.

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